Depuis notre arrivée en Bretagne, les week-ends de mai nous emmènent en balade. On en profite alors pour s’emplir de paysages et de noms qui font rêver, pour respirer l’air marin – le plus souvent – et s’enfouir de nature, qu’elle soit douce, verdoyante et ensoleillée, rude, noire, froide ou mouillée… Cette année, nous sommes allés nous plonger dans les Abers jusqu’à la côte des Légendes par des pluies d’orage et un vent glacé.
La randonnée qui ne finit jamais
Au nord du Finistère, dans le pays des Abers, la mer attaque la côte et ses rochers pour creuser des rivières, des îles, des plages… on ne sait plus trop si l’on marche sur le continent, entre deux rivières ou sur une île entourée de mer.
Ici, c’est le paradis du randonneur, ou peut-être bien un enfer. Comme dit mon amie Lucie, c’est le pays de la randonnée sans fin. Tu crois atteindre ton but, mais la côte est tellement découpée qu’après des heures de marche, il semble que tu ne l’atteindra jamais. C’est le pays des marcheurs sans fin.
Arrivés à Lilia – commune de Plouguerneau-, nous avons donc opté pour une balade en Rosalie pour admirer la côte de Saint-Michel jusqu’à la plage du Zorn en une après-midi. La marche, ce sera pour les jours suivants… Si l’on a été plus loin qu’à pied, le chemin fut franchement chaotique, et plutôt douloureux.
Les orages sur la mer
Pour l’instant, nous avons échappé aux premiers orages du week-end qui doivent arriver par le Sud-Ouest. Nous profitons des dernières heures de « grand beau » pour filer vers Portsall, où, sur le port se dresse férocement l’ancre immense de l’Amoco Cadiz, comme un rappel. Le musée Ancre an Eor nous raconte l’une des plus pires catastrophes écologiques de l’histoire. 60 000 tonnes de pétrole brut déversé sur 375 km de côtes bretonnes, d’Audierne à Saint-Brieuc… si l’on se souvient de quelques images, mes filles découvrent l’histoire.
Nous retrouvons ensuite l’aber Benoît à Saint-Pabu, sous un ciel qui commence à se charger de nuages. La côte est plutôt construite, les villages et les hameaux forment une chaine autour de l’aber et à cause du relief, il n’est pas toujours facile de marcher près de l’eau. Nous profitons donc de nombreuses pauses pour varier les points de vue. Sur la rive sud, du côté de Landeda, nous nous arrêtons pour admirer les orages qui nous courent après. Les premiers éclairent éclatent sur l’autre rive… Passera, passera pas ?

Aux dunes de Sainte-Margueritte, la vue sur l’orage est probablement la plus belle que nous verrons au cours du week-end. Entre sable blanc et ciels de pluie, la mer vire au vert-de-gris. Jamais marine, elle s’étend en vert-d’eau dans les criques sans fond. Au bord du chemin, les bunkers se cachent sous la lande, et s’enfouissent dans le sable.
Au port de l’Aber Wrac’h, l’orage est enfin là.
<h2>La Bretagne du bout du monde et la côte des Légendes</h2>
Il a plu par averses toute la nuit, mais les éclairs se sont vite apaisés. Au dernier matin, alors qu’il est temps de rentrer, les orages ont laissé place à un crachin bien breton, qui se jette dans un vent glacial pour picoter la figure… L’année dernière, nous frissonnions dans le brouillard des monts d’Arrée.
Pour ne pas partir comme ça, à l’abandon, nous montons vers Guissény, ses marais, ses dunes et ses longues langues de sable battues par les vents. Voilà la Bretagne du bout du monde. Les rochers s’arrondissent, comme à Meneham. La côtes des Légendes prend des airs de côte de Granit rose. Il fait froid. Kerlouan, Lesneven et le Folgoët… Nous rentrons. Brignogan sera pour un autre jour.